Qui c’est qui commence ?
Le plus jeune !!!
C’est presque toujours le plus jeune joueur qui commence la partie…
C’est sur, faut faire plaisir aux plus jeunes mais je dois avouer que certaines fois je ne trouve pas cet adage très judicieux. En effet lors d’une première partie, laisser le plus jeune commencer sans avoir eu un ou deux tours d’exemple pour mieux se familiariser avec le jeu, je ne trouve pas que ce soit une très bonne idée. Et de fait, je n’aime pas cette règle tacite qui n’est pas très amusante et qui en plus ne fait preuve d’aucun respect envers les anciens…
Moi ce que j’aime, c’est lorsque les auteurs proposent d’eux même un autre moyen de se départager pour savoir qui va commencer la partie.
Des fois, il faut reconnaître que ça ne va pas chercher loin… Celui qui imite le mieux le grognement du cochon (Un, Deux, Truie), ou le croassement du corbeau (Le Petit Verger).
D’autres fois, ça peut prendre une tournure un peu glauque… Dans Pandémie, le premier joueur est le dernier à avoir été malade. C’est toujours sympa de rappeler à quelqu’un sa maladie lorsqu’il joue pour se changer les idées… Bon c’est sur, que dans ces cas là, il y a des jeux avec un thème légèrement plus sexy pour se changer les idées.
Il peut y avoir des règles plus mignonnes, comme dans Oliver l’Ours Gourmand où le premier joueur est le dernier à avoir mangé du miel. Tant qu’il s’est lavé les mains avant de jouer, moi, ça ne me dérange pas…
Certaines fois, pour coller au thème, l’auteur invente une règle impossible mais ça fait toujours sourire. Dans Vampires Croqueurs d’Ail l’auteur propose que le premier joueur soit le dernier joueur à avoir vu un vampire… Pas facile, et on passe vite pour un fieffé menteur si on veut absolument commencer la partie.
Généralement, être le dernier à avoir fait ou vu un truc est très souvent utilisé.
Etre le dernier à être aller à la campagne (Cache Tomate), le dernier à être monté en voiture (Flinke Flitzer)… Un grand classique pour se départager.
Les attributs physiques sont aussi souvent utilisés : le joueur le plus barbu, celui qui a les cheveux le plus longs (Les Chevaliers Tumultueux)… A ce jour, personne n’a tenté de faire commencer la joueuse ayant le tour de poitrine le plus imposant, surement parce qu’il y a peu de thème qui pourrait coller à cette règle… Quoiqu’il faudra que je me renseigne sur Busen Mémo (lien vers la fiche de Tric Trac, jeu non référencé chez as2pik).
Certains auteurs ont aussi tenté de départager les joueurs sur leurs différentes capacités, le meilleur cuisinier (La Soupe à Gertrude), ou leur trait de caractère, le plus courageux (Le trésor des mayas), mais là peut se poser le problème de l’objectivité. Mais ces règles ont un avantage, ça peut être pratique pour savoir lequel des joueurs est de plus mauvaise foi.
Si cet article a vu le jour, c’est parce qu’hier lors de la soirée test des derniers jeux Haba ajoutés au catalogue, une règle pour se départager nous a fait mourir de rire. Dans La Ronde des Cannetons, il faut réussir à être le plus rapide à dire : « Un canneton, Coin-Coin, deux cannetons, Coin-Coin, trois cannetons, Coin-Coin, quatre cannetons, rentrons vite à la maison ! »
Et par cet article, je souhaite remercier tous les auteurs qui se creusent la tête pour nous faire rire avant même d’avoir commencé la partie.
Il est vrai que ces règles pour se départager sont souvent utilisées dans les jeux pour enfants ou les jeux d’ambiance mais très peu dans les jeux plus exigeants. En même temps, on ne serait pas prêt de commencer une partie des Piliers de la Terre si le premier joueur était le dernier à avoir construit une cathédrale…
Catégories: Réflexions ludiques


août 14th, 2009 at 18:12
Y a un mec malin qui a même publié un jeu de carte pour déterminer qui commencerait la partie. Je ne sais pas si ça a été publié en France, mais en anglais, ça s’appelle Start player (http://www.boardgamegeek.com/boardgame/38318).
Au Japon, on utilise le bon vieux Jan-ken-pon (pierre-feuille-ciseaux). Il y a des astuces pour les jeux à plein de joueurs où il y a toujours les trois qui sortent, mais j’ai pas encore tout compris comment ça marche. Avec ça, je me demande pas pourquoi c’est jamais moi qui commence !
août 15th, 2009 at 1:30
J’ai déjà vu cette petite boite lors de discussions sur Tric Trac mais je trouve ça moins fun qu’un canard Coin-Coin….
août 15th, 2009 at 2:28
Ouais, mais avec ton coin-coin, celui qui connaît la phrase a un avantage. Et si tu joues avec un muet ? ou un bègue ?
Enfin, de toute façon, j’irai pas non plus acheter Start player alors que je peux avoir de « vrais » jeux pour le même prix (bon, OK, peut-être un peu plus quand même)
août 15th, 2009 at 3:27
C’est moche, en plus d’être bègue ou muet, il ne pourra pas commencer la partie. La vie est vraiment injuste des fois…
Et toi comment tu fait pour Jan-Ken-Pon avec un double manchot ?
Sinon, pour être un minimum sérieux, je me suis toujours demandé comment les autres joueurs définissaient l’ordre de jeu pour les jeux sans hasard style Caylus, où l’ordre des joueurs a tout de même une grosse importance.
Chez moi, je prends un pion de chaque couleur dans mes mains, j’agite le tout façon jeune Flanagan, et l’ordre dans lequel tombent les pions me donnent l’ordre des joueurs. Mais franchement inclure du hasard dès le début dans un jeu qui n’en comporte absolument pas, je ne trouve pas ça terrible…
août 15th, 2009 at 14:41
Ah ouais, tiens, j’avais pas pensé au manchot. Tu m’accorderas que c’est quand même plus rare qu’un bègue (à moins d’aller jouer dans des pays qui sortent à peine de guerre, mais c’est pas tous les jours non plus).
T’es quand même un peu obligé d’avoir du hasard pour le choix du premier joueur. Ou bien, tu fais autant de parties qu’il n’y a de joueurs en changeant l’ordre à chaque partie pour que chacun ait les mêmes chances. Bon courage pour un Caylus à 5 joueurs, faut avoir sa journée (nuit ?) devant soi !
En tout cas, nous, pour Agricola (et son minimum de hasard dû aux cartes), c’est jan-ken-pon, comme pour le reste
août 15th, 2009 at 15:45
« faut avoir sa journée (nuit ?) devant soi ! »
De toutes façons, dormir, c’est tricher !